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Février
au Kerkennah - Kathy et Olivier

Aslema,
Nous sommes basés sur
le port de Kraten depuis déjà plus de 15 jours. Nous y resterons certainement
une ou deux semaines de plus.
En effet Kraten situé
à l’extrémité Nord Est de cet ensemble d’îles est un excellent petit port de
petite pêche bien protégé des vents dominants d’hiver Ouest /Sud Ouest.
Le bateau est donc
particulièrement à l’abri de tout clapot.
L’activité y est
modérée garantissant un séjour reposant.
Sur le port on trouve
une petite épicerie, un café, le bureau du port, le bureau de la garde
nationale (pour la surveillance).
Une large cale inclinée
est utilisée par un petit chantier naval traditionnel pour les embarcations
toutes en bois.
Le village se trouve
lui à 1,5 km distance raisonnable à pied, et l’on y trouve épiceries,
publiphone et bureau de poste.
Les Kerkennah sont
des terres très plates, entourées par des bancs de faible profondeur de 2 à 4 m
(jusqu’à 15 milles au large).
Les rivages se
relèvent très doucement sur des fonds sableux ou rocheux, les parties
sableuses, rectilignes sont parsemées de massifs circulaires de bruyère
maritime dont la hauteur ne dépasse pas 20 cm.
La marée d’une
amplitude maximum de 1,50 m pénètre par endroit les terres assez loin.
Vers le village, le
sol en se redressant légèrement devient plus terreux et plus caillouteux ;
quelques palmiers y subsistent alors qu’ils sont beaucoup plus nombreux vers le
centre de l’île qui est également plus vert.
L’économie locale est
orientée sur la pêche aux mulets (filet) la pêche aux poulpes, la pêche des
éponges de mer et au printemps la pêche à la crevette vers les eaux de Djerba.
La pêche aux poulpes
se pratiquent de façon très particulière, alors qu’à La Louetta (sur le
continent) sont utilisées des petites jarres, ici ils utilisaient de façon
ancestrale la pierre calcaire creusée et de façon plus récente « la pierre en
ciment » plus pêchant.
Ces pierres en ciment
d’un poids de 10 à 15 kg sont des cylindres creux de 20 cm de diamètre, hautes
de 35 cm, elles sont réalisées par moulage sur des boîtes de conserve de 5 kg.
Les parois du
cylindre faisant facilement 5 cm d’épaisseur d’où le poids. Ces « pierres »
sont chargées sur des barques de 8 à 9 m pour être immergées sur les bancs, où
elles restent à demeure.
Les
barques traînant
deux petits canots (canota) vont effectuer la récolte de la
manière suivante :
le pêcheur sur le canota à l’aide d’une perche
de 4 à 5 m équipée d’un crochet
métallique à une de ses extrémités,
redresse la pierre, sonde avec le crochet
de sa perche l’intérieur de la pierre.
Une résistance molle
lui indique la présence d’un poulpe qu’il crochète alors avec sa perche.
Cette perche sert
également de gaffe voir de perche de propulsion dans les très faibles fonds, à
la méthode des gondoliers vénitiens.
Les pierres sont
relevées de temps à autre à l’aide de la perche au prix d’effort dorsaux
lombaires éprouvants.
Cependant le prix du
poulpe est intéressant (8 dinars le kg contre 1 dinar le kg de sardines et 3
dinars le kg de mulets (1 dinar = 0,6 euros).
La pêche aux éponges
se pratique sur les bancs à l’aide de longues perches équipées de trident,
celles-ci sont arrachées du fond.
Elles ont alors un aspect noir
et rêche. Elles seront lavées rincées pressées tapotées pour devenir souples et
marron clair.
Les autres ressources
de l’île sont l’agriculture : (blé, oliviers, dattes) et le tourisme local
(gens de Sfax) national et international.
La fréquentation
touristique est bien sûre faible en février.
Les hôtels de luxe et
autres clubs de vacances sont encore très discrets (secteur de Sidi Frech).
Les résidences
secondaires de tunisiens sont beaucoup plus nombreuses.
El Kraten reste
cependant épargné par cette plaie.
L’ambiance y est
campagnarde, clanique (familles à nombreuses ramifications) et villageoise.
Bislema
Cathy Olivier
Commentaires

Tunisie
– Régions : Saison de la pêche aux poulpes dans le gouvernorat de Médenine
(Le
gouvernorat de Médenine (ولاية مدنين), créé le 21 juin 1956, est l'un des 24
gouvernorats de la Tunisie. Il est situé dans le sud-est du pays, à la
frontière tuniso-libyenne, et couvre une superficie de 8 588 km² (soit 5,2 % de
la superficie du pays). Il abrite une population de 443 700[1] habitants. Son
chef-lieu est Médenine.)
La
saison de la pêche aux poulpes se poursuit dans le gouvernorat de Médenine, une
activité exercée par 700 marins-pêcheurs sur 400km de côtes et mobilise près de
150 embarcations.
Les
ports de Lektef, Houmet Souk et Zarzis ont enregistré jusqu'ici 200 tonnes de
poulpes. Les autorités régionales déploient des efforts considérables pour
protéger cette espèce et garantir la pérennité de cette activité à travers la
lutte contre la pêche anarchique, le renforcement des opérations de contrôle en
mer et la sensibilisation des marins-pêcheurs pour qu'ils épargnent les jeunes
poulpes de moins de 1Kg.
Outre
ses retombées économiques, la pêche aux poulpes recouvre une dimension
culturelle dans le gouvernorat de Médenine qui organise chaque année le
festival du poulpe à Ben Gherdane marquant le coup d'envoi de la saison de
pêche.